J’ai peur des effets de la psilocybine sur ma santé mentale : que faire ?

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La psilocybine est une substance issue de certains champignons, aux effets psychédéliques singuliers. Si son usage récréatif fait polémique, son usage en thérapie psychédélique intéresse de plus en plus la communauté scientifique. Alors, si tu as peur de ses effets sur ta santé mentale, ce qu’il faut faire, c’est d’en apprendre davantage sur cette molécule et de rompre avec certaines idées reçues que tu as. C’est justement ce qu’on te propose ici !

Sommaire

Une molécule qui agit sur les récepteurs à sérotonine


La psilocybine modifie les perceptions et l’humeur en activant les récepteurs à sérotonine dans le cerveau. À faible dose, elle peut provoquer une légère distorsion des sens. À dose plus élevée, des hallucinations visuelles et auditives apparaissent avec un sentiment de transcendance mystique.

La légalité de la molécule varie selon les pays. Certains l’interdisent, mais des recherches étudient son potentiel thérapeutique sur la dépression ou les troubles obsessionnels compulsifs. Ces études en sont encore à un stade préliminaire et nécessitent un cadre expérimental rigoureux pour limiter les risques.

Bien que son fonctionnement exact reste à élucider, il semblerait que la psilocybine n’agisse pas seulement en tant qu’antidépresseur classique. 

Elle favoriserait une plus grande plasticité neuronale, ce qui permet de défaire certains circuits de pensées négatives ancrés chez les personnes dépressives, et d’en reconstruire de nouveaux, potentiellement plus positifs. Il va donc sans dire que c’est une approche alternative comme la thérapie psychédélique.

Des effets sur les connexions neuronales

En stimulant certains récepteurs cérébraux, la psilocybine modifie les activités de régions impliquées dans les perceptions sensorielles et émotionnelles. Elle favorise aussi les connexions entre des zones normalement séparées.

Il en résulte parfois la sensation que les frontières du moi se dissolvent. Ou encore, la synesthésie : lorsque les sens se mélangent, faisant voir les sons ou entendre les couleurs. Ces effets altèrent temporairement la conscience de soi et le rapport au monde extérieur. Ils peuvent être déstabilisants, mais également libérateurs pour certains patients.

Au niveau neuronal, on observe une croissance des épines dendritiques qui transmettent les signaux nerveux. Cet effet reflète une amélioration de la plasticité cérébrale. Les nouvelles connexions qui se tissent sous psilocybine laissent entrevoir des perspectives thérapeutiques face à des troubles invalidants.

Un espoir face à la dépression et l’anxiété

De récentes études ont montré des résultats prometteurs de la psilocybine pour traiter la dépression résistante aux médicaments classiques, ainsi que certains troubles anxieux sévères. Une seule dose suffirait dans certains cas à réduire durablement les symptômes.

Ces effets s’expliqueraient par une plus grande flexibilité cognitive et émotionnelle permise par la molécule. Les pensées négatives seraient plus faciles à lâcher prise et de nouvelles associations mentales bénéfiques pourraient émerger.

Cependant, cette substance nécessite un encadrement médical strict, en raison de ses risques. Mais à terme, elle pourrait devenir une thérapie complémentaire intéressante, pour soulager des troubles psychiques invalidants au quotidien.

Vers une utilisation encadrée ?


Bien que prometteuse, l’utilisation thérapeutique de la psilocybine soulève des questions éthiques et pratiques complexes. Un encadrement légal et médical strict serait nécessaire pour éviter les dérives et garantir la sécurité des patients.

Des procédures rigoureuses de screening préalable devraient permettre de sélectionner les profils adaptés, et d’écarter les personnes trop vulnérables psychologiquement. Le déroulement des séances requiert également des conditions contrôlées, dans un environnement sécurisant, avec un suivi psychologique.

À plus long terme, la prescription de psilocybine synthétique pourrait être envisagée, à doses modérées, dans le cadre de psychothérapies ciblées sur certains troubles résistants aux traitements conventionnels. Cette approche prudente permettrait de mieux évaluer le rapport bénéfice/risque pour chaque patient.

Pour y parvenir, différentes actions seraient nécessaires :

  • lever les freins réglementaires sur l’utilisation de la molécule à des fins thérapeutiques ;
  • former les professionnels de santé à l’accompagnement de ce type de thérapies ;
  • réaliser des essais cliniques à plus grande échelle pour confirmer l’intérêt médical ;
  • et informer le grand public sur cette approche en insistant sur ses limites.

Même si des verrous réglementaires et culturels devront encore être levés, un usage médical plus répandu de cet enthéogène atypique pourrait devenir une réalité dans les années à venir.