Je veux être père mais je suis stérile, que dois-je faire ?

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Pourtant très répandue, l’infertilité masculine est encore un sujet tabou dans bon nombre de sociétés. Pendant longtemps, la femme a toujours été pointée du doigt lorsque le couple ne parvenait pas à avoir un enfant. La science a permis de mettre en évidence que dans plus de 50 % des cas, l’homme était en cause. Avant de s’orienter vers des solutions, il est important de comprendre les causes et les symptômes de l’infertilité masculine. Comment procéder ensuite ?

Les causes

Les couples qui ont des difficultés à enfanter ont souvent recours à une mère porteuse en France. Avant d’aller vers cette solution, il convient de comprendre les causes de l’infertilité. Chez l’homme, ce sont entre autres :

L’insuffisance testiculaire

Les causes les plus récurrentes de l’infertilité chez les hommes sont les anomalies liées à la spermatogenèse. Elles peuvent concerner la quantité et la qualité des spermatozoïdes. Les résultats des tests employés dans la quête de ces anomalies ne sont pas toujours efficaces. En effet, il est difficilement possible de faire un pronostic de succès en fertilité naturelle ou en PMA. Dans les faits, les défauts liés au sperme sont de plus en plus caractérisés.

Malgré tout, il n’est pas toujours évident d’établir qu’ils sont la cause de l’infertilité masculine. Ces anomalies sont de plusieurs ordres tels que :

  • L’azoospermie : qui est une absence complète de spermatozoïdes.
  • L’oligospermie : qui correspond à un nombre très faible de spermatozoïdes.
  • La tératospermie : qui désigne de faibles mobilités, et fonctionnalités des spermatozoïdes.

Il se peut que ces anomalies soient primitives, c’est-à-dire qu’elles résultent d’une mutation génétique. Elles peuvent découler d’une maladie, d’accidents ou d’autres causes. Dans d’autres cas, ce sont des anomalies secondaires liées à un traitement comme une chimiothérapie ou une radiothérapie. Les effets peuvent être irrémédiables, ou relatifs à la consommation de médicaments ou de drogues.

Les dysfonctions sexuelles

Outre les troubles érectiles et ceux de l’éjaculation psychogène, une dysfonction sexuelle peut être causée par de nombreux facteurs. Ils peuvent être :

  • Vasculaires ;
  • Hormonaux ;
  • Métaboliques ;
  • Etc. 

Les plus illustratifs sont les lésions médullaires, qui causent l’anéjaculation ou éjaculation rétrograde. Trouver une solution à l’infertilité comme ici est envisageable, s’il est possible d’avoir des spermatozoïdes dans les urines. Dans le cas contraire, l’éjaculation est provoquée de manière adéquate pour faire une procréation médicalement assistée.

Certains traitements

L’infertilité masculine peut également être la résultante de certains cancers de l’appareil reproducteur, ou traitements contre le cancer. Quelques études ont avancé que certains médicaments, en principe bien tolérés tels que :

  • Des antalgiques ;
  • Des antihistaminiques ;
  • Des anti-reflux : pourraient dans certains cas impacter la fonction reproductive.

Le poids

De nombreuses études épidémiologiques ont mis en évidence un lien dose-effet, entre l’IMC et l’hypofertilité des couples. Chez ces messieurs, les paramètres spermatiques sont fortement altérés par le surpoids. Il en est de même pour l’obésité.

La chaleur

Dans quelques cas, l’infertilité peut être causée par les vêtements. Plus précisément, par le fait de porter des pantalons ou sous-vêtements serrés. Il en résulte un accroissement local de la chaleur des testicules. Cependant, il faudrait que la durée de cette augmentation soit importante pour avoir des conséquences fâcheuses. Dans certains cas assez rares d’hypofertilité, l’anatomie est responsable d’une trop grande exposition à la chaleur.

L’illustration est un passage trop rapproché des vaisseaux sanguins auprès des testicules. Cela se produit dans le cas de la varicocèle, une maladie veineuse. Cependant, son impact sur la fertilité n’est pas totalement établi. Dans d’autres cas, c’est la cryptorchidie qui est pointée du doigt. Il s’agit de la présence des glandes sexuelles à l’intérieur de l’abdomen.

Le style de vie

Les habitudes de vie peuvent également agir sur la fertilité, comme ici. Chez l’homme, les plus mauvaises d’entre elles peuvent impacter négativement la fertilité. Si vous consommez un peu trop d’alcool, votre qualité de sperme en pâtira. Il en est de même pour :

  • Le tabagisme ;
  • La consommation de cannabis ;
  • Le café.

Malgré tout, leurs effets négatifs sur la fertilité ne font pas l’unanimité ou ne sont pas suffisamment démontrés.

Comment déceler l’infertilité masculine ?

Avant de se lancer dans un traitement contre l’infertilité masculine, il faudra préalablement une confirmation. Vous devrez donc consulter un spécialiste qui recommandera quelques analyses, dont un examen clinique. Certains aspects sont passés en revue, tels que :

  • Le poids et la taille du patient ;
  • Sa pression artérielle.

Un examen plus poussé est mené, afin de rechercher :

  • De possibles malformations de l’urètre ;
  • Des antécédents chirurgicaux ;
  • Etc. 

Selon les cas, l’examen clinique pourra également inclure une exploration hormonale ou une échographie des testicules. Outre ces différentes analyses, seul le spermogramme est l’examen à privilégier pour explorer l’infertilité masculine. Il permet de vérifier trois paramètres :

  • La concentration des spermatozoïdes : la piste de l’oligospermie est explorée, quand la quantité de spermatozoïdes est en dessous de 15 millions/ml. Quant à l’azoospermie, elle est envisagée quand il n’y a aucun spermatozoïde dans l’éjaculation.
  • La mobilité des spermatozoïdes : quand les spermatozoïdes sont très peu mobiles, on recherche alors l’asthénozoospermie.
  • La morphologie des spermatozoïdes : quand la quantité de spermatozoïdes est anormalement élevée, il est possible de soupçonner une tératozoospermie.

Traitement de l’infertilité masculine

Une fois que le spécialiste a tous les résultats des examens, il peut alors envisager les possibilités de traitements. Bien entendu, cela ne peut se faire qu’avec le patient. Quelques troubles de l’infertilité chez les hommes peuvent être traités avec des médicaments. Il peut s’agir de prescription d’antibiotiques pour corriger une infection de la prostate. Un dysfonctionnement testiculaire peut être pallié par une prise d’hormones.

Quant aux cas d’infertilité immunologique, des corticoïdes peuvent être recommandés.

La chirurgie

 La chirurgie peut aussi être la solution adaptée à quelques manifestations physiologiques comme :

  • L’obstruction épididymaire : son rôle est de rétablir le contact entre le canal déférent, et l’épididyme.
  • La vasectomie : cette chirurgie réparatrice restaure la perméabilité des canaux déférents.
  • La varicocèle testiculaire : qui empêche le reflux sanguin grâce à l’embolisation de la veine spermatique, dans sa partie haute.

La procréation médicalement assistée

Quand les médicaments et la chirurgie ont montré leurs limites, la procréation médicalement assistée (PMA) reste la solution adéquate. Selon le spécialiste consulté, différentes méthodes pourront être proposées pour traiter votre infertilité. Ce sont entre autres :

  • L’Insémination Artificielle (IA) : c’est la plus vieille méthode, mais la plus basique quant à la PMA. Le sperme est directement déposé dans la cavité utérine, ce qui accroit ses chances de féconder l’ovule. Pour réaliser cette intervention, il faudra se procurer le sperme du patient ou celui d’un donneur.
  • L’ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection) : c’est une micro-injection intracycloplasmique dont le but est de permettre la fécondation. Pour cela, un ovocyte et un spermatozoïde sont choisis et mis en contact direct. Pour réaliser cette fécondation in vitro ciblée, un échantillon de sperme est requis. Il peut être prélevé par voie naturelle, ou en se servant d’une biopsie testiculaire.
  • La FIV Genetic : il s’agit d’une association de la fécondation in vitro, et du test génétique préimplantatoire pour déceler les aneuploïdies. Les embryons ayant des défaillances chromosomiques peuvent ainsi être mis de côté.

Le don de sperme

Dans certains cas d’infertilité masculine, le don de sperme reste le dernier recours. Il intervient lors de :

  • La détection de maladies importantes ;
  • L’absence de spermatozoïdes dans l’éjaculat, ou la biopsie testiculaire ;
  • Des défaillances chromosomiques du sperme.

La méthode MACS peut aussi être utilisée. Il s’agit en anglais du Magnetic Activated Cell Shorting, qui consiste à munir les spermatozoïdes faibles de particules magnétiques. On peut alors déceler les spermatozoïdes les plus sains, et capables de fécondation. Ils sont alors utilisés pour réaliser un traitement de PMA. Avec la méthode MACS, les chances de réussite de l’insémination artificielle sont très élevées.

Être père : c’est encore possible

Vouloir être père est quelque chose que ressentent les hommes à un moment de leur vie. Face à une stérilité qu’ils soupçonnent ou diagnostiquée, ce rêve peut prendre fin. Cependant, il ne sert à rien d’être défaitiste. Avant de jeter l’éponge, il faudra consulter un spécialiste de la reproduction pour s’assurer qu’il s’agit bel et bien d’une infertilité. Grâce à ses compétences, le professionnel pourra déceler les causes du problème.

Il recommandera divers examens cliniques, afin d’avoir plus de précisions. Une fois le diagnostic établi clairement, un traitement adéquat pourra être recommandé. Selon la gravité du cas, la chirurgie pourra être envisagée, ou une Procréation Médicalement Assistée (PMA). Si absolument aucune de ces solutions ne donne satisfaction, il ne restera qu’à envisager le don de sperme. C’est encore possible d’être père, si vous le souhaitez. 

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